Retables et intérieur de l'église

 

(1 & 2) Autel du Sacré Cœur et autel Sainte Anne intérieur de l'église de Saint Denis de Gastines

  

(4 & 5) Retable du Sacré Cœur - (6) Dieu le Père – Église de Saint-Denis de Gastines

 

(7 & 8) Don pour l'autel de Pierre Couasnon Sieur de la Charmelière (1704) et autel fini par ses enfants François et Jean Couasnon

Dieu le Père – Saint-Denis de Gastines (6)

Du geste de Dieu au regard de Dieu

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Pourquoi refuser à l’imaginer de dire, à travers les gestes de Dieu, le projet de Dieu, donc le projet du fidèle ?

Mais, dès 1704, à Saint-Denis-de-Gastines, Dieu le Père est privé de bras, privés de mains. Sans le manteau formant cercle, sans le quart de globe terrestre prêt à disparaître, on ne saurait reconnaître Dieu dans ce portrait de philosophe construit à partir d’un visage  de Christ dont on aurait dégarni le front et rapproché les sourcils pour dire la réflexion. De toute l’activité gestuelle de Dieu ne subsiste que la mimique, le regard. Quel est le don de Dieu à Saint-Denis-de-Gastines ? Ne serait-ce pas la Sagesse ? La Sagesse qui est

  • … un reflet de la lumière éternelle
  • Un miroir sans tache de l’activité de Dieu
  • Une image de son excellence (Sg 9,10)

Être uni à la Sagesse, c’est être uni à Dieu. Or le Nouveau Testament apprend que le Christ est la Sagesse de Dieu ; être uni au Christ, c’est trouver la sagesse. A Saint-Denis-de-Gastines, le visage de Dieu le Père, penseur aux connotations christiques, serait-il la Sagesse, image de l’excellence divine ? Signalons que le retable méridional de l’église de Saint-Denis-de-Gastines fut offert en 1704 par Pierre Couasnon, sieur de la Charmelière, François et Jean ses fils. En 1704, le curé est Charles Bouquet des Noyers, docteur à la Sorbonne, qui a succédé à Jean Vieuville, docteur, professeur de la Faculté des arts de Paris : les curés de Saint-Denis-de-Gastines sont des théologiens et des lettrés.

A Saint-Denis-de-gastines, Dieu le Père, qui n’a pas de bras, pas de mains, communique avec les fidèle par le regard. Pourtant Dieu le Père ne regarde pas l’orant. Mais il ne regarde pas non plus le ciel, il ne regarde pas au loin. Dieu le Père regarde quelque chose que peut voir aussi l’orant. Le regard de Dieu le Père atteint ainsi l’orant, par ricochet en quelque sorte. Les « lignes de force » produites par « les flèches des regards » permettent une « véritable triangulation de l’espace ».

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Le cas de Saint-Denis-de Gastines est donc particulier.

*SOURCE ET RÉFÉRENCE : *Auteur : Michèle Ménard - *Livre : Une histoire des mentalités religieuses aux XVIIe et XVIIIe siècles. Mille retables de l'ancien diocèse du Mans (Année 1981)