Histoire de l'Église de Saint Denis de Gastines

L'église qui semble avoir été bâtie, vers le 11ème siècle, avait la forme d'une croix latine. Elle se composait d'une nef et de deux chapelles et d'un tout petit sanctuaire. Plus tard, de chaque côté de ce sanctuaire on ajouta deux chapelles qui autres existent encore aujourd'hui. Dans le chœur, le sol était recouvert de parquet formé de planches mal jointes. Il était entouré d'une grille de bous très lourde. La porte d'entrée était couronnée par un ouvrage en plein cintre surmonté d'une croix avec Christ en bois sculpté. Cette boiserie qui avait beaucoup souffert à la révolution fut enlevée lors de la restauration de l'Église. Une chapelle dédiée à Saint Étienne est ajoutée en 1543. Vers le milieu du 16ème siècle on ajouta du côté l'épître un premier bac côté. Le clocher était alors au milieu de la nef au bas du chœur à la hauteur des portes latérales actuelles. Il était entièrement dégagé des murs et reposait sur six piliers en bois à peine hauts de quatre mètres. Peu de temps avant 1789, le pignon du sanctuaire auquel était adossé le grand autel fut démoli et reconstruit trois mètres plus loin.

Cette église rappelle par certains aspects le style roman, mais ses voûtes sont en verseau. En 1827, l'abbé BOISSIERE (curé de 1825 à 1876) commença des réparations nombreuses dans l'église, et entreprend de nombreuses restaurations et aménagements des autels et des chapelles. Il fit élever une sacristie plus grande sur l'emplacement de l'ancienne et fit porter l'autel jusqu'au fond de l'église, ce qui donna plus d'étendue au sanctuaire. On comptait, dans ce temps là, dans l'église : sept autels; il en reste cinq aujourd'hui.

 

Monseigneur de CHEVERUS, alors archevêque de Bordeaux, qui portait grand intérêt à sa « chère » paroisse de Saint Denis de Gastines avait provoqué une souscription pour la reconstruction d'une nef latérale du côté de l'Évangile. La révolution de 1830 vint arrêter le projet.

En 1841, son neveu, Monseigneur de la MASSONNAIS, qui avait remplacé son oncle au siège épiscopal de Bordeaux reprit la souscription qui produisit 15 000 Francs de l'époque. Avec cette somme, on put construire le bas côté et remplacer par quatre pilastres en maçonnerie les six poteaux de bois qui soutenaient le clocher. Le travail dégagea beaucoup la nef de l'Église.

Le 23 décembre 1846 à trois heures du matin, la foudre tomba sur le clocher et y mis le feu. Les habitants auxquels vinrent se joindre vers sept heures les pompiers d'Ernée travaillèrent avec tant d'ardeur qu'à neuf heures ils furent maîtres du feu. Le clocher avait été brulé jusqu'à sa base mais la cloche était restée à sa place et l'Église était conservée. On renonça à relever la flèche et on songea à la remplacer par une tour.

En 1853, fut élevée la tour actuelle qui devait remplacer le clocher incendié, on y plaça une horloge publique et l'ancienne cloche datant de 1830 fut remise dans la nouvelle tour. On y ajouta deux autres cloches, l'une pesant 1853 livres fut donnée par Madame de la BROUHARDIERE née Lucie D'AUBERT. L'autre pesant 2436 livres fut donnée par Madame La Vicomtesse D'ELIAMI du château de Rigardon; ces dames furent les marraines de ces cloches bénites par Monseigneur de la MASSONNAIS et la consécration de l'église faite par Monseigneur BOUVIER, évêque du Mans, le 27 septembre 1853 comme l'atteste la plaque de cuivre que l'on peut voir dans le fond de l'église sur la droite.

 
Première bénédiction des cloches le 3 novembre 1768   Inauguration de nouvelles cloches le29 juillet 1791

 

En 1854, le grand autel actuel en marbre blanc fut offert par la Vicomtesse D'HELIAMI ci-dessus nommée. Monsieur Le Curé BOISSIERE fit construire à ses frais l'abside du chœur actuel puis pour rendre l'église plus régulière, il bâtit une nouvelle sacristie (la grande) et fit refaire l'ancienne (actuellement la petite). L'emplacement de l'ancien chœur donna de nouvelles places et des bancs neufs furent placés dans l'église. Ces derniers on été remplacés il y a quelques années (début 1970).

Monsieur le curé BOISSIERE né à Madré, fut nommé vicaire à Saint Denis de Gastines en 1822,puis curé de la paroisse le 20 février 1847. Sa biographie nous le présente comme un homme qui cachait sous un extérieur dur un cœur excellent et des vertus d'un Saint. Il fit de grandes choses à Saint Denis pour la gloire de Dieu et le Salit des âmes. S'il fut l'homme de Dieu, il fut aussi l'homme de devoir et de la charité. Il mourut pauvre.

Nous avons vu quels travaux il entreprit à l'église et au presbytère sans oublier la chapelle du cimetière actuel que l'on appelait alors la « grande chapelle » dont la porte d'entrée fut encadrée par les deux colonnes de marbre qui supportaient l'autel principal de l'Église primitive. Elle fut restaurée ou plutôt refaite en entier en 1852.

Ce véritable pasteur mourut en mars 1876. Sa tombe sur laquelle on peux lire l'épitaphe gravée dans le granit et fut offerte par ses paroissiens en reconnaissance de 54 années consacrées au service de la paroisse. On peut voir sa tombe près de la grande croix du cimetière actuel.

Une ordonnance royale de Louis XVI et l'autorité religieuse prescrivant de cesser les inhumations autour de l'Église, on transféra le cimetière à l'emplacement actuel. Il fut bénit le 15 janvier 1784.

Avec cette décision, les inhumations qui se faisaient normalement dans l'Église étaient les inhumations des notables. Et les deux caveaux servaient, l'un à la sépulture des Seigneurs, l'autre à celle des prêtres. Le premier existe encore en haut de la grande nef, à l'endroit où se trouvait, autrefois, le milieu du chœur L'entrée se trouve devant la chaire actuelle, les pierres n'étant pas placées de la même façon à cet endroit. Dans le caveau, il ne reste plus qu'aujourd'hui que trois cercueils en plomb. Ces tombeaux avaient été profanés à la Révolution et le plomb servait à faire des balles.

Il est probable que le plus grand des cercueils renferme les restes de Messire DE FROULAY décédé à Saint Denis en 1656 comme l'indiquait une prescription gravée sur une table en marbre noir placée au milieu du chœur Ce monument reposait sur quatre colonnettes en marbre de même couleur et servait de base au pupitre. Pendant la Révolution toutes les lettres et les armoiries qui s'y trouvaient gravées ont été effacées. Quand, plus tard, le chœur fut déplacé cette table fut découpée en deux et placée comme marche à l'entrée du chœur actuel. Quand à l'autre caveau, situé dans la nef de droite, la voûte de ce dernier étant effondrée on s'est servi à l:'époque des grandes pierres de granit sur lesquelles on lisait les noms pour paver l'église. On peut encore en voir du côté de l'Autel Ste-Anne. Il y a eu beaucoup d'autres sépultures dans l'Église. Des documents retrouvés nous prouvent que les inhumations, sauf très rares exceptions, étaient faites le jour du décès ou le lendemain parce qu'on enterrait sans cercueil. Le fait n'est affirmé de façon formel dans aucun acte.

Il en est cependant qui le prouve avec évidence. Le 26 mars 1692, un enfant « baptisé au logis par Nicolas COUPEAU, à cause du péril de mort où il se trouvait », mourut pendant qu'on l'apportait à l'Église pour le supplément de cérémonie. Au lieu d'un baptême il u eut un enterrement, l'inhumation fut effectuée séance tenante.

L'épidémie de 1707, qui sévit dans toute la région et fit à Saint Denis plus de 200 morts, apporte une preuve semblable, il y eut, certains jours, jusqu'à 6 enterrements de personnes décédées le matin ou dans la nuit précédentes. Les menuisiers n'auraient pas suffi à la tache s'il leur fallu faire tant de cercueils en si peu de temps.

Source et article diffusé dans le bulletin municipal de Saint Denis de Gastines 1987