Cloche du 17ème siècle

Découverte du cloche du 17ème siècle

 

Récemment la commune par l'intermédiaire de Monsieur Daniel Rousseau, a découvert un nouveau élément de son patrimoine local, une cloche daté de 1608 situé dans le clocher de la chapelle du cimetière. Cette chapelle est nommé soit la Grande Chapelle ou Notre Dame de Pitié. Une cloche remarque frappée d'une croix pattée et de fleurs de lys et du nom de son éventuel donateur René de Bazogers.

 

 

A l'occasion de découverte, et suite aux écrits et aux recherches de Mr Daniel Rousseau, nous pouvons retracer l'histoire de cette édifice.

 

 

LA GRANDE CHAPELLE « Notre Dame de Pitié »

 

Appellée la Grande Chapelle, elle se dressait dans le cimetière qui au 15ème siècle était près du bourg. Jean Geslin, chanoine de St Merry, par testament du mois de mars 1689, y fonda une messe quatidienne. Une abside a été construite par la suite. L'édifice a été presque entièrement reconstruit en 1851.

 

Cette chapelle est située dans le cimetière paroissial. Elle était connue autrefois sous le nom de Grande-Chapelle et c'est ainsi que Alexis-Hubert Jaillot (Cartographe décédé en 1712) la désigne dans sa carte.

 

Ses dimensions pouvaient lui mériter ce nom; elle avait 11 à 12 mètres de longueur sur une largeur d'environ 6 mètres. On supposait que cette chapelle pouvait avoir été élevée au quinzième siècle; mais rien, dans sa construction, ne pouvait donner d'indication à cet égard.

 

Elle existait certainement à la fin du dix-septième; un don fait à cette époque à la fabrique de l'église de Saint-Denis-de-Gastines en est la preuve. Jean Geslin, prêtre, né à Saint-Denis et chanoine de l'église collégiale de Saint-Medrix (Merry) à Paris, légua une rente annuelle de trois cents livres à la dite fabrique, afin qu'elle fit célébrer, tous les jours de l'année, une messe basse à son intention dans la chapelle de N.D.de Pitié. Le testament est du 7 mars 1689. Plusieurs biens et revenus étaient attachés à la Grande-Chapelle; elle les perdit tous à la Révolution et faillit, elle-même, être détruite mais, la crainte ou le respect pour les morts qu'elle protège de son ombre sainte, arrêtèrent les dévastateurs.

 

En 1851, on lui ajouta une abside qui lui donna quatre mètres cinquante centimètres de plus en longueur. A cette occasion, on lui fit subir une reconstruction presque complète; des contreforts furent ajoutés, une table de communion sépara la nef du sanctuaire. Pour utiliser deux colonnes de marbre provenant du maître-autel de l'église paroissiale, on accola au-devant de la porte de la chapelle un fronton ogival portant sur ces deux colonnes.

 

L'essentiel, c'est qu'on y a entretenu la piété envers Marie. On se rend à la chapelle pour prier à l'intention des malades à l'extrémité. On y invoque aussi la Sainte Vierge pour obtenir aux femmes un heureux accouchement. Le dimanche, les paroissiens, en grand nombre, la visitent et y achèvent les prières qu'ils ont commencées sur la tombe de leurs parents.

 

Cette chapelle sert aussi de chapelle de catéchisme pour les petits garçons. La vue des tombes entre lesquelles ils passent pour aller recevoir l'enseignement sacré doit donner aux leçons du prêtre une grande autorité et, malgré la légèreté de leur âge, ils doivent plus facilement comprendre qu'il est nécessaire de bien vivre puisqu'il faut mourir.

 

Il est écrit le double du testament et ordonnance et dernière volonté du vénérable et discret maître Jean Geslin, vivant prêtre chanoine en l'église collégiale de St Médric à Paris, reçu par Ameline et Bru, notaires au Chatelet de Paris, en date du 7 mars 1689. Nous y apprenons qu'il est malade de corps, sain d'esprit et désirant que son corps soit inhumé dans le chœur de l'Eglise de St-Médric dans la plus grande simplicité.

 

Il donne et lègue à l'Eglise de St-Denis-de-Gastines, lieu de sa naissance, son beau chasuble parsemé de fleurs rouges avec son étole, manipule et fanon, un beau voile plus une étole de brocard or et argent et une bourse et corporal avec une petite boëtte d'argent servant à porter le St Viatique aux malades de la paroisse. Plus son bassin et ses burettes d'argent pesant ensemble sept marcs environ. Plus son autre chasuble, étole et voile aussi brodés d'or et argent pour servir à l'autel les festes de la Ste-Vierge.

 

En 1780, dans les chroniques de la paroisse de St-Denis-de-Gastines, il est écrit que la chapelle de N.D. de Pitié se trouvait, ainsi que le cimetière, en dehors du bourg. Des maisons ont été construites aux alentours et forment un nouveau quartier.

 

La restauration et l'agrandisssement de cette chapelle datent de 1852. Une chronique paroissiale nous dit que la chapelle de N.D. de Pitié, qui se trouve au milieu du cimetière, avait été bâtie par Mgr de Froullay à la fin du 17è siècle et elle a été entièrement rebâtie en 1852.

 

Un intéressant document de l'Evêché est ainsi écrit: <le vendredi 7 avril, jour de la Compassion de la Très Sainte Vierge de l'an de grâce 1854, d'après l'autorisation de Mgr Jean-Baptiste Bouvier, Evêque du Mans, en date du 29 mars dernier, nous Jules Boissière, curé de St-Denis-de-Gastines, avons béni solennellement la chapelle située dans le cimetière de cette paroisse et dédiée à Marie mère de douleur.

 

En février 1862, le tableau indicatif des chapelles rurales-Paroisse de Saint-Denis-de-Gastines nous décrit la chapelle. A cette date, une seule chapelle existe dans la paroisse alors que les historiens ont avancé que l'on trouvait autrefois 7 chapelles dans la paroisse.

 

L'autorisation d'y dire la messe et d'y donner la Ste communion a été donnée en dernier lieu par Monseigneur Bouvier le 22 mars 1852.

 

Il paraît intéressant de compléter ce qui précède par ces quelques lignes concernant le clergé de St-Denis-de Gastines. Avant la Révolution de 1789, la Paroisse de St-Denis-de-Gastines possédait toujours un clergé nombreux. Outre le curé et les vicaires, il y avait le bénéfice de Saint-Etienne, les chapelains de Montflaux et de la Censive, le prêtre chargé de dire la messe, tous les jours, à la chapelle de N.D. de Pitié, le prêtre chargé de l'école des garçons et un ou plusieurs prêtres vivant de leur prestimonie et qui étaient toujours nombreux car il y avait, dans ce temps, bon nombre de familles aisées à Saint-Denis qui les avaient à l'honneur d'offrir un de leurs enfants à Dieu et d'en faire un prêtre. Quelques unes ont été assez heureuses pour les voir élevées à l'Episcopat (Mgr Fromentières des Etange, Evêque d'Aire en 1632- Mgr Louis Lanéau, évêque de Metellopolis en 1684 puis de Babylone - Messire Gabriel de Froullay, Evêque d'Avranches en 1669- Charles Louis de Froullay, Evêque du Mans en 1723 enfin Mgr Jean-Baptiste-Amédée Georges, Evêque de Périgueux en 1845.

 

Le 22 octobre 1878, le curé Lemoine écrit à son Evêque pour lui dire qu'il désire voir ériger canoniquement, dans la chapelle du cimetière, les stations du Chemin de la Croix.

 

Remerciement : Écrit de Mr Daniel Rousseau - 2015

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