Au début du XVIème siècle - Jean de FROULLAY

Jean de FROULLAY assure la continuité du nom, fils aîné de Guillaume, reçut en partage avec le château de Monfleaux les deux tiers des fortunes paternelle et maternelle. D'abord gouverneur de la maison du maréchal de Lohéac, il s'attacha ensuite au duc René d'Alençon qui le nomma capitaine de Domfront, poste qu'il conserva sa mort. La duchesse devenue veuve, une sainte personne qui était destinée à être mise sur les autels sous le vocable de la bienheureuse Marguerite de Lorraine, ajouta à cette charge celle de maître de son hôtel, au décès de Guyon Essirard, seigneur de Bonvouloir et Loyauté. C'est lui vraisemblablement qui transforma le château féodal primitif en demeure plus habitable et plus vaste. Il impliqua au cours de son existence à la meubler richement de huit tapisseries de haute-lisse et d'argenterie timbrée aux armes reçues de ses ancêtres, d'argent au sautoir de gueules engoulé de sable. C'est à lui enfin qu'est due de façon certaine la reconstruction d'un château au lieu sis en Couesmes dont il portait le nom. Ce château, modeste par les dimensions, riche par le style, fut incendié accidentellement après sa mort; grâce à l'importance des moellons dont il fut bâti, de beaux restes en subsistent encore aujourd'hui.

 

Malgré ses réussites dans la vie, une chose essentielle pour un homme de son rang manquait à son bonheur. Sa femme était morte sans lui avoir donné de fils – pas même de fille – pour succéder à ses importantes seigneuries. A son frère cadet, Ambroise, marié à une Châteaubriand, était décédé, « sans hoir de son sang »; de même, son autre frère, Michel, époux de Françoise de Bonvouloir; quant à son troisième frère, Guillaume, il n'était pas marié. Les plus importants de ses fiefs risquaient donc d'aller à l'aînée de ses sœurs, puisqu'il n'avait pas de neveu pour en assurer la transmission de mâle en mâle.

 

 

A la grand satisfaction de Jean de FROULLAY, son frère Guillaume se fiança enfin à une jeune fille de bonne maison, Catherine de CHAUVIGNÉ, dont ses parents étaient seigneurs du Bois-Froust, fief mouvant de la châtellenie de Lassay. Comme le futur ménage de cadets devait être peu fortuné – deux mille livres d'argent à la fiancée, cent livres de rente au fiancé – Jean de FROULLAY intervint au contrat de mariage, afin de procurer, à son frère et à sa future belle-sœur, une habitation. Il eût été naturel qu'il se dessaisit pour eux de son château de Monfleaux puisqu'il s'était construit à Froullay un manoir répondant à ses goûts, et que ses fonctions l'appelaient à la cour de la duchesse d'Alençon, la pieuse Marguerite de Lorraine. Sa générosité se borna à leur donner une maison de sa métairie de la Gandonnière, en Ambrières, « en attendant qu'ils eussent logis convenable à leur état ».

 

Faute de mieux, Guillaume et Catherine vinrent habiter ce lieu après leur mariage et y eurent un fils auquel ils donnèrent le prénom de son oncle. L'enfant était encore au berceau quand son père vinrent à mourir prématurément comme ses oncles Ambroise et Michel. Le seigneur de Monfleaux en éprouva de nouvelles inquiétudes pour l'avenir de sa maison.

 

Le jeune Jean vivrait-il ? Arriverait-il à l'âge d'homme pour avoir lui-même un fils ?

L'enfant n'avait encore que dix ans quand lui advint inopinément le « logis convenable à son état », où il eut été normal qu'il naquît et grandît. Au mois d'octobre 1505, son oncle se trouvant «en sa demeure seigneuriale de Monfleaux », pour y percevoir fermages et rentes féodales sans doute, tout en se livrant au plaisir de la chasse, fut pris d'un mal subit qui le fit passer en quelques jours de vie à trépas. A l'instant même, « le mort avait saisi le vif », suivant les termes de droit coutumier; par son décès, l'oncle avait fait de son neveu le seigneur de Monfleaux, Gastines et Froullay, avec tous les droits attachés à cette qualité, et pour premier devoir celui de lui donner des funérailles dignes de son rang. Jean était trop jeune pour s'en acquitter personnellement. Accourut avec lui de la Gandonnière, sa mère y pourvut : le service religieux , suivi de libéralités aux pauvres, fut d'une imposante grandeur, et pour la première fois, le corps d'un FROULLAY fut déposé dans le caveau de ses ancêtres Gastines, au chanceau de l'église paroissiale.

 

« Ce caveau existe toujours, face à la chaire, là où les dalles de pierre ne sont pas placés dans le même sens du dallage. Trois marches nous font accéder au caveau, il reste 3cercueils de plomb, 2 adulte et celui d'un enfant mais rien ne nous indique qui étaient ces personnage ».

 

Monfleaux, avec jean et sa mère, retrouva vie. Le jeune garçon grandit; sa mère se remaria à Ambroise de MÉGAUDAIS, seigneur de l'Epinotière, en Lévaré; En 1517, Jean se maria à Catherine de BRÉE, plus fortunée que Catherine de CHAUVIGNÉ et de plus illustre maison. Il ne put songer à aller habiter FROULLAY, les murs seuls en subsistaient. Il se fixa à Monfleaux, après avoir sommé son beau-père et sa mère de lui en laisser la jouissance et exigé que le mobilier lui fût rendu tel qu'il avait été possédé par son oncle. La séparation ne se fit pas sans heurts.

 

Jean de FROULLAY, deuxième du nom, eut la joie d'assurer la continuité de sa maison, il lui naquit trois fils. L'aîné, Gilles, qui fut curé de Saint-Denis, avait renoncé à son droit d'aînesse, en entrant dans les ordres. Le cadet, Louis, en profita. Le troisième ne se maria point, que l'on sache. Deux filles entrèrent au couvent de Cordillon près de Bayeux.

 

Louis de FROULLAY, « demeurant en la maison seigneuriale de Monfleaux », dit encore une généalogie sans donner malheureusement plus de détails, se maria en 1540 à Louise de la Vairie, fille d'un seigneur de Désertines, et en eut un fils, André, ainsi que plusieurs filles. Il embrassa le métier des armes, s'y conduisit vaillamment et fut fait chevalier de l'ordre de Saint-Michel. A l'exemple de ses suzerains, les Guise, alors pourvus de marquisat de Mayenne, bientôt transformé en duché, il resta fermement attaché à la foi catholique, au moment où le calvinisme commençait à faire d'assez nombreux adeptes dans la noblesse.

Deux de ses filles devinrent d'ailleurs religieuses bénédictines au couvent de Cordillon, où deux de leurs tantes les avaient précédées.

 

De plus amples renseignements manquent sur Louis de FROULLAY comme sur son père; il n'en est pas de même pour son fils André, qui fut gentilhomme ordinaire de la chambre du roi Henri III et vécut dans la seconde moitié du XVIe siècle, durant laquelle ni seigneur ni vassaux de Monfleaux ne donnèrent dans le schisme et ne se départirent d'une conduite loyale vis-à-vis du roi légitime.


FAMILLE DE FROULAY (ou de FROULLAY) - Les Personnages illustres -

René III de Froulay,

comte de Tessé (Le Mans, 14 mai 1648 - † à Yerres en résidence chez les Camaldules de Gros-Bois, le 30 mars 1725), lieutenant-général pour les provinces du Maine, du Perche et de Laval, maréchal de France, général des galères de France, premier écuyer de la Dauphine et grand d'Espagne, chevalier de l'ordre de la Toison d'Or, fut officier général de Louis XIV et diplomate sous la Régence.

Charles Louis de Froulay de Tessé

(né le 17 septembre 1687 au Château de Montflaux, Saint-Denis-de-Gastines, mort le 30 janvier 1767), religieux français, évêque du Mans de 1724 à 1767.

Charles Louis de Froulay de Tessé

Quoique issu d'une famille illustre (la famille de Froulay), et proche parent du maréchal de Tessé, il est tonsuré en 1700. Il devient en 1708, chanoine comte de Lyon et prêtre; en mai 1715, conseiller et aumônier du roi en juillet 1715, vicaire général de l'évêque de Toulouse, René de Beauveau et pourvu de l'Abbaye de Saint-Maur-sur-Loire1, le 8 janvier 1721. Nommé évêque du Mans le 17 octobre 1723, confirmé le 12 janvier 1724, il est sacré le 25 février 1724 dans la chapelle du Noviciat des Jésuites à Paris par Armand Gaston Maximilien de Rohan2. Au mois de février 1725, il fut fait premier aumônier de la Reine ; le roi lui donna en 1728 l'abbaye de la Couture.

Il signala par son administration dans ce vaste diocèse. Les querelles du jansénisme agitaient son clergé. Le chapitre avait rejeté la bulle. Froulay sut déterminer ses prêtres à accepter cette fameuse bulle, non comme règle de foi, mais comme une simple ordonnance de discipline, pour éviter le schisme en conservant l'unité.

Le Maine doit à Froulay plusieurs établissements importants, il organisa un collège-séminaire dans la petite ville de Domfront, fonda une maison de retraite pour les prêtres indigents et infirmes, et employa une somme considérable à la construction d'un Hôtel-Dieu. Deux cimetières, placés dans les quartiers du Mans, y entretenaient depuis plusieurs siècles des foyers de maladies pestilentielles : il s'empressa de les supprimer.

Lorsqu'en 1758 et 1759, le Maine éprouva, comme l'Anjou et la Touraine, une grande disette, occasionnée par l'exportation des grains de 1756 et par la mauvaise récolte des années suivantes, Froulay ordonna une quêté générale qui produisit 74 000 francs, et obtint du roi un prêt de 50 000 francs. Avec ces deux sommes on acheta 25 000 quintaux de froment et seigle, qui furent transportés par eau de Nantes jusqu'au Mans. Un bureau de charité, organisé sous ses auspices, ouvrit des ateliers de travail, établit des soupes économiques et put fournir aux besoins de dix mille pauvres que renfermait la ville.

Source wikipédia

 

Source et article diffusé dans le bulletin municipal de Saint Denis de Gastines 1995

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