Coup d'œil historique sur Monfleaux en 1789

Remontons un peu le temps afin de nous pencher sur les origines du Château de Monfleaux qui reste un des grands témoins de l'histoire du Bas Maine et l'histoire de France. Dans un premier temps, nous narrons les faits historiques vécus pendant la période révolutionnaires par un des propriétaires du Château de Monfleaux.

 

Le Baron le TONNELIER de BRETEUIL

 

 

Le Baron le TONNELIER de BRETEUIL est né au Château D'Azay le Féron dans l'Indre le 7 mars 1730. Il eut une carrière politique importante puisqu'il fut, sous le règne du Roi Louis XV, Ambassadeur à Stokolm, Naples et Vienne. Louis XV mourut en 1774; Son petit fils Louis XVI, alors âgé de 20 ans, lui succéda sur le trône de France ce fût sous le règne de ce dernier que le baron de BRETEUIL jouera un rôle politique important. Un peu d'histoire pour nous rappeler les faits de cette époque.

 

 

En 1776 le Roi fit confiance à Necker, célèbre financier suisse, qu'il choisit comme Directeur Général des Finances. Ce dernier fit une politique d'économie et voulut réformer l'assiette de l'impôt afin de mieux répartir les charges. Il publia alors son fameux « Compte Rendu au Roi » qui mettait pour la première fois aux yeux du public le budget détaillé des finances du Royaume et qui révélait l'ampleur des pensions versées aux courtisans et natifs du royaume. Ces derniers voulant garder leurs privilèges réussirent à convaincre le Roi de renvoyer Necker; le Roi trop faible accéda à leur demande ce qui provoqua la démission du financier le 19 mai 1781.

 

 

En 1783, le Baron de BRETEUIL fut nommé Ministre de la Maison du Roi. L'année 1784, célèbre déjà dans l'histoire de l'aéronautique par le succès des Frères Montgolfier qui venaient d'expérimenter leur aérostat, fut pour le Baron de BRETEUIL décisive puisqu'il fit voter cette année là, dans un but humanitaire comme nous le pensons, la circulaire par laquelle il mit fin au régime des « Lettres de cachet ».*

*(Lettres fermées, scellées du Sceau Royal, employées sous l'ancien régime pour convoquer les corps politiques et judiciaires et donner l'ordre d'incarcération ou d'exil d'un sujet. Ces lettres ont maintes fois permis l'emprisonnement sans formalité pour régler des conflits familiaux. C'est à ces incarcérations que s 'est attaché spécialement l'expression « Lettre de cachet ».

 

Le 12 juin de cette année, il fut nommé membre de l'Académie royale, cette dernière fut supprimée par la Convention du 8 août 1793 après 129 ans d'existence. Le Baron fut auteur de « Mémoires ». Il resta ministre de la Maison du Roi jusqu'en 1788, date à laquelle il s'opposa à la convocation des États Généraux qui auront lieu le 5 mai 1789.

 

Dans cette même 1788, le 25 août, le Roi rappela Necker et le nomma Ministre d'État afin de redresser la situation financière qui causa la banqueroute de l'État; mais il ne put rétablir la conjoncture et sa mésentente avec les trois ordres au pouvoir lui vaut son renvoi par le Roi le 11 juillet de 1789. Le Roi nomma alors pour le remplacer : Le Baron le TONNELIER de BRETEUIL

Investi du pouvoir on sait qu'il donna en vain l'ordre à Launay, Gouverneur de la Bastille, de défendre la vieille forteresse contre une émeute prévisible, il ne fut point obéi et le conflit d'autorité qui s'éleva, entre le commandant des troupes rassemblées autour de Paris, le chef de la Garde Suisse et l'action des parisiens, ne permit pas au Baron de Breteuil de risquer un combat de rues pour le rétablissement de la sécurité avec quelque chance de succès.

L'insurrection qui aboutit à la prise de la Bastille le 14 juillet, le vit forcé d 'abandonner le pouvoir. Le 17 juillet, Louis XVI lui demanda de démissionner et rappela Necker qui lui même démissionna à son tour en septembre 1790.

 

Quand le Baron de BRETEUIL qui ne conserva donc pas son titre de premier ministre de Louis XVI que 6 jours et devant les menaces, il prit le chemin de l'exil et partit pour les environs de Hambourg. Il ne revint en France qu'en 1802.

 

Dans ces quelques lignes, nous avons voulu surtout démontrer que notre village de Saint Denis de Gastines a été lié très étroitement à l'histoire de la Révolution, donc de l'histoire de France, par l'intervention dans cette période troublée, d'un homme politique de notre village le Seigneur de Monfleaux : Le Baron le TONNELIER de BRETEUIL

Il nous reste à préciser de quelle façon il était devenu propriétaire du Château de Montfleaux.

Le château depuis l'an 1140 avait toujours appartenu à la famille de FROULLAY, qui à marqué l'histoire de France.

 

Au 18ème siècle, celui-ci appartenait à Renée Caroline de FROULLAY née le 19 octobre 1714 et qui se maria à l'âge de 23 ans, à louis Marie de Créqui, Marquis d'Hémont, Lieutenant Général des armées du Roi. Elle devenait veuve moins de 4 ans après son mariage. Elle eut deux enfants : un fils, Charles Marie et une fille qui ne vécut pas.

Son Fils Charles mourut en l'an 1800 sans postérité. La Marquise de CRÉQUI qui fut une Femme de Lettres célèbre, décéda le 15 février 1803 à l'âge de 88 ans. N'ayant pas d'héritier direct, le château de Monfleaux et la grande partie des dépendances passèrent entre les mains de son cousin du côté paternel : Le Baron le TONNELIER de BRETEUIL

Le domaine à cette époque contenait 1200 hectares dont 400 autour du château, le reste était reparti dans les communes limitrophes. Le Baron hérita donc du Château et des terres environnantess, La Marquise de Créqui laissant à ses cousins Bretons, les de POULPIQUET : les dépendances dans les communes de Saint Pierre des Landes, La Pellerine, etc...

Sur le tableau généalogique ci joint vous y trouverez la parenté du Baron. (cliquez sur le tableau ou ici)

 

Pour terminer, voyons la destinée du Château jusqu'à nos jours. Il échut en ce début de siècle (20ème) à Monsieur Paul d'ETCHEGOYEN avec 400 hectares qui restaient, il fut maire en 1911 et par la suite fit de mauvaises affaires; il vendit le Château avec 240 hectares qui restaient, en 1924, ce qui fut le triste point final d'un descendant des de FROULLAY en leur Château de Monfleaux.

 

 

Source et article diffusé dans le bulletin municipal de Saint Denis de Gastines 1989

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